Ce que la randonnée et le camping d’hiver m’ont appris

Ce que la randonnée et le camping d’hiver m’ont appris

Envisager toutes les possibilités et s’y préparer

Lors de notre périple de camping à -35 degrés Celsius en Alberta, nous avions  planifié tout le matériel : tentes, sacs de couchage adéquats, vêtements chauds, sachets de nourriture déshydratée, deux brûleurs pour bouillir l’eau, mélange de gaz fait pour la température hivernale, etc… Tout était parfait jusqu’à ce qu’au petit matin, lorsqu’il est venu le temps de préparer le déjeuner, les DEUX brûleurs ont décidé qu’ils ne faisaient plus bouillir l’eau!

J’ai été l’heureuse élue, c’est-à-dire la seule à bénéficier d’un déjeuner chaud (merci les hommes) !!!

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Mon déjeuner chaud!

Ce dont il faut se rappeler? Lorsque nous planifions un voyage, que nous développons un projet ou que nous nous fixons un objectif, peu importe la nature, il est important d’envisager les possibilités, les bonnes comme les mauvaises, et de tester le matériel…

Envisager les mauvaises possibilités n’a rien de pessimiste. Cela nous permet de s’y préparer adéquatement afin d’y faire face, au cas où elles surviendraient.

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Notre hôtel à un million d’étoiles!

Se tromper de chemin peut être la meilleure chose qui vous arrive!

Partir en randonnée d’hiver demande de la préparation : choisir le sentier, l’évaluer, étudier les cartes, s’assurer d’avoir le bon matériel, etc. Malgré toute cette préparation, il m’est arrivé de faire des erreurs. Lors d’une randonnée dans les montagnes blanches aux États-Unis, nous nous sommes complètement trompés de chemin. La nuit est tombée tranquillement, le vent s’est levé, il y avait des rafales de 100 km/h et nous avions bien du mal à repérer le sentier avec la poudrerie qui réduisait énormément la visibilité… Cela m’a complètement sortie de ma zone de confort. Nous avons marché plus de 11 heures cette journée là, j’ai eu peur et j’ai eu des doutes sur notre capacité à retrouver le chemin. Cependant, j’ai appris beaucoup sur moi-même et sur ma capacité à faire face à une situation critique, ce qui ne serait pas arrivé si nous avions pris le bon sentier!

Nous assumons, à tord, que d’aller vers l’avant et de suivre le chemin que nous avions planifié est la seule manière d’avancer, de cheminer, de gagner. Parfois, faire du surplace, des détours ou même « régresser » en faisant 2-3 pas en arrière est la meilleure façon de progresser, d’éliminer ce qui nous empêche de cheminer ainsi que d’en apprendre sur nous-même.

Lâcher prise sur les choses que nous ne pouvons pas changer

Faire du camping d’hiver m’a permis de voir des paysages complètement différents. La neige qui recouvrait les rocheuses canadiennes les rendait, selon moi, encore plus belles, arides, plus sauvages…

28169911_10156147181771660_749346999_oMais le froid n’a pas eu pitié de mes orteils et il s’amusait très souvent à les geler! J’ai dû me rendre rapidement à l’évidence que cela faisait partie de l’expérience. Quand les bottes passent une nuit complète à -35, il est assez clair que les pieds gèleront lorsqu’elles seront mises! Alors… que pouvais-je faire? Il n’y avait aucune manière de réchauffer les bottes… J’ai décidé de mettre mon énergie et mon attention sur les actions que j’avais à accomplir, de savourer la beauté des paysages et de vivre le moment présent.

Dans la vie, tout est une question de perspective. Nous choisissons comment nous regardons les choses. Nous ne pouvons pas changer l’obstacle à surmonter, mais nous avons le pouvoir de changer notre vision face à celui-ci.

L’exemple des pieds gelés peut sembler banal, mais cela m’a appris à lâcher prise sur les choses que je ne pouvais pas changer. J’ai accepté la situation et cela m’a permis de profiter davantage de cette expérience merveilleuse qu’est le camping d’hiver. J’essaie maintenant de l’appliquer dans mon quotidien!

La motivation est temporaire…

Lorsque je pars en randonnée, je suis toujours enthousiaste et motivée à l’idée de grimper de nouvelles montagnes, de découvrir des nouveaux sentiers et à l’idée de dépasser mes limites. Cependant, il arrive un moment où la fatigue se fait sentir, la motivation baisse et le doute d’accomplir le défi prévu fait surface… Peu importe l’objectif fixé et à quel point la motivation est grande initialement, il faut savoir que cette dernière diminuera et disparaitra peut-être totalement après un certain temps.

Vous êtes de ceux qui se sont inscrit à la salle d’entraînement en janvier dernier, motivé comme jamais à reprendre votre santé en main? Vous vous êtes probablement rendu compte, étant en mi-février, que votre gym est déjà beaucoup moins achalandé qu’en janvier… Ou vous n’avez pas pu vous en rendre compte puisque c’est vous qui n’y êtes pas! Rassurez-vous, vous êtes normaux!!

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Peu importe l’objectif fixé ou le projet à réaliser, la motivation baissera, tôt ou tard. Avoir un plan de ce que vous voulez accomplir vous rappellera ce que vous avez à faire et vous aidera à rester concentré à plus long terme. En établissant votre plan, celui-ci vous dira également ce que vous ne devez pas faire si vous voulez atteindre votre objectif, ce qui est une bonne chose également! (Voir comment planifier un objectif)

Rappelez vous… La motivation est temporaire, la constance est la clé!

Ce n’est pas la montagne que nous conquérons, mais nous-même! –Edmund Hillary

Dans ces longs moments de solitude, à contempler ces paysages magnifiques, où le silence règne, il m’arrive de me demander ce que je fais là… Pour quelles raisons avais-je envie de grimper cette montagne si difficile? Pourquoi avais-je envie de dormir à -35 degrés celsius? Comme mon grand-père me dit si bien : Pourquoi te donnes-tu autant de misère?

Et bien cela m’a fait réfléchir… Si les obstacles que nous avons à franchir dans la vie représentaient la montagne, comment celle que nous gravissons aujourd’hui nous prépare-t-elle à celle que nous grimperons la prochaine fois? Je suis convaincue que mes expériences en montagne me préparent à faire face aux obstacles rencontrés dans ma vie.

Parfois, nous nous retrouvons dans des situations qui nous semblent insurmontables, trop difficiles, un peu comme ces hauts sommets qui nous paraissent inaccessibles. Il m’est arrivé de vouloir abandonner et rebrousser chemin, comme j’ai voulu abandonner plusieurs des objectifs que je m’étais fixés dans ma vie. Cependant, la randonnée m’a appris que chaque petit pas compte, que notre détermination et la force que nous avons au plus profond de nous peuvent nous permettre d’accomplir de belles et grandes choses.

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Carolanne Gariépy, thérapeute en réadaptation physique et étudiante à la maitrise en physiothérapie à l’Université Laval